Erc and anr

De WAVEWATCH-III Wiki
Lettre ouverte des Candidats admis et admissibles au concours “jeune chercheur” 2009, du Conseil Européen de la Recherche

Sur les relations entre Agence Nationale et Conseil Européen dans le contexte de l'Espace Européen de la Recherche

Le Conseil Européen de la Recherche ainsi que l'Agence Nationale de la Recherche, tous deux crées en 2007, ont profondément modifié les moyens de travail des chercheurs en France. Ces deux organismes ont en particulier développé des programmes de soutien aux jeunes chercheurs, qui ont grandement amélioré l'attractivité de la recherche pour les docteurs en début de carrière. Ces programmes de soutien des jeunes chercheurs sont a priori complémentaires, mais ils procèdent de logiques différentes et sont, à l'heure actuelle, très mal coordonnés. Le résultat est un manque d'efficacité et la perte de jeunes talents. Nous souhaitons donc attirer l'attention sur les différences entre ces deux programmes et proposer des moyens de coordination, dans l'intérêt de la recherche française en général.

La première différence entre les programmes jeune chercheur de l'ANR et du CER est indiscutablement la taille. Ainsi, avec un montant annuel limité à 50000 € pour au moins un chercheur à temps plein, le jeune chercheur ANR (38 ans ou moins au dépot du dossier) n'a pas le même statut que le lauréat de l'ERC (dossier déposé au plus tard 8 ans après obtention du doctorat) qui peut disposer d'un budget dix fois supérieur, avec une moyenne de 1 million d'euros sur 5 ans. Par ailleurs, l'ANR exclut le financement du salaire des chercheurs, contrairement au CER, qui le permet. Enfin, conformément aux recommendation de la Charte Européenne du Chercheur, qui requiert “la mise en place des instruments administratifsindispensables pour permettre la transférabilité des bourses”, le CER stipule que la bourse est attaché au chercheur qui peut choisir de changer d'organisme.

Le but des deux programmes est très similaire: promouvoir l'excellence de la recherche et donner aux jeunes chercheurs les moyens d'une recherche relativement indépendante. A l'arrivée, les candidats des deux programmes sont très différents: le CER attire des chercheurs qui peuvent venir ou revenir de l'étranger ou qui ne sont pas encore titulaires dans un organisme de recherche, c'est beaucoup moins le cas pour l'ANR qui se focalise sur l'amélioration des conditions de travail des “jeunes” chercheurs- qui peuvent être plus âgés que les lauréats CER - et qui sont déjà installés dans leur organisme. Les deux programmes sont donc complémentaires par leur approche. On peut toutefois se poser la question de leur coordination et du nombre de bourses qui devraient être attribuées par ces programmes.

Ainsi le premier concours CER en 2007 a été un formidable appel d'air avec 9167 candidatures pour seulement 299 bourses pour toute l'Europe et toutes les disciplines des sciences humaines à la physique fondamentale. Deux ans plus tard, le texte assez dissuasif du concours et les résultat de 2007 ont probablement découragé de nombreux candidats, car nous n'étions plus “que” 2503 candidats pour 244 bourses. Nous aurions donc été les candidats d'un concours facile et le taux de réussite serait bien suffisant. Si le bon nombre de lauréat est difficile à définir, on peut toutefois remarquer que le concours de l'Ecole Polytechnique ne draine qu'une petite partie des candidatures possibles, soit environ 4000 pour 400 places, la plupart des étudiants choisissant de passer des concours plus “faciles” qui ont lieu en même temps. A titre de comparaison, un concours de facteur peut drainer 8000 candidats pour 80 postes: le taux de réussite n'est pas une mesure objective de la difficulté du concours, ni de la qualité des candidats.

Dans sa sagesse le CER a classé 400 candidats en 2009, considérant que leur projet scientifique était très bon et méritait d'être financé, même si son budget, financé par l'Union Européenne et les états associés, ne permettait d'en financer que 244. Dans d'autres pays européens les projets intéressant mais non financés par le CER ont été repêchés par des organismes nationaux. En France, contrairement à ce qui s'était passé en 2007 avec un financement partiel par l'ANR, et contrairement aux déclarations de la ministre en octobre 2009, cela n'a pas été le cas pour tous les projets. On pourrait admettre que les jurys de l'ANR aient un avis différent des jurys du CER. par contre, il est inadmissible que que bon nombre de dossiers CER n'ait pas été vraiment expertisés par l'ANR. En effet, aucun jury ANR n'a osé contredire l'avis du CER et la justification du rejet des dossier s'est faite en général sur des bases techniques qui sont inacceptables: tel candidat s'est vu refusé le soutien de l'ANR parce qu'il aurait été financé par le passé pour un autre projet qui n'avait rien a voir, tel autre … [completer]. Le disfonctionnement le plus grave est que les candidats non financés par le CER mais dont le dossier avait été jugé très bon, aient été dissuadés de soumettre une candidature au concours 2010 de l'ANR.

Il convient donc de poser le problème de l'articulation du travail du CER avec celui de l'ANR et de la logique des deux mécanismes de soutien aux jeunes chercheurs …